Une déclaration de Claudine Cordillot, maire de Villejuif,
Présidente de la Commission de surveillance de l’hôpital
L’hôpital Paul Brousse est gravement menacé. La direction de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) vient d’annoncer un « plan d’économie » sur trois ans, qui verrait les 37 établissements parisiens et de banlieue réduits à 12 « groupes hospitaliers », avec à la clef la disparition de plusieurs hôpitaux et la suppression de 3000 à 4000 emplois de médecins, personnels soignants, administratifs et techniques à l’horizon 2012. Dans ce cadre, Paul-Brousse regroupé avec Bicêtre et Béclère, risque de voir ses activités de court séjour, de thérapies aigües mais aussi son prestigieux centre hépatobiliaire déménager à Bicêtre, ce qui, pour nombre de médecins, reviendrait à créer les conditions de la fermeture pure et simple de l’hôpital de Villejuif.
Qui peut prétendre que la suppression de centaines de lits et de milliers d’emplois médicaux et paramédicaux créera les conditions d’une meilleure qualité des soins ? Qui nous fera croire que la disparition d’établissements hospitaliers se fera dans l’intérêt des malades ? La vérité, c’est que ce plan répond à une logique comptable, qui relègue la qualité des soins et les besoins de santé loin derrière des impératifs financiers et dégrade chaque jour un peu plus l’hôpital public au profit du privé. Cette logique, au cœur de la loi Bachelot « hôpital, patients, santé, territoires », avait déjà contraint les trois hôpitaux Paul Brousse, Bicêtre et Béclère à engager conjointement un plan drastique appelé « efforts d’efficiences », se traduisant notamment par 120 emplois supprimés sur les trois sites dès cette année, et 432 d’ici 2012. Mais avec le plan stratégique de l’AP-HP qui vient d’être dévoilé, c’est maintenant de la survie même de l’hôpital villejuifois dont il est question à terme
Paul Brousse, c’est 70.000 consultations par an, 22.000 admissions, 250.000 journées d’hospitalisation, plus de 700 lits, des spécialités nombreuses dans le traitement des pathologies hépatobiliaires, l’oncologie médicale, l’hématologie clinique, la lutte contre les infections, les addictions, la psychiatrie, les soins palliatifs, la gérontologie ; toutes ces spécialités s’appuyant sur des laboratoires de recherche implantés sur le site… C’est encore près de 200 médecins et chirurgiens, des équipes de chercheurs, plus de 1700 infirmières et soignants, agents administratifs, techniques et de maintenance qui soignent et entourent quotidiennement des patients venus d’Arcueil, de Cachan, Fresnes, Gentilly, du Kremlin-Bicêtre, de L’Hay-les-Roses, Villejuif, et au-delà de Thiais, Vitry Choisy-le-Roi, Ivry-sur-Seine, Orly, Rungis, Chevilly-Larue. Sa renommée est grande en Europe et dans le monde. N’est-ce pas là qu’a été pratiquée la première greffe de moelle osseuse en France, la première transplantation rénale et la première greffe hépatique ?
Un tel établissement hospitalier ne doit pas mourir. Or c’est ce que l’on se propose de faire en le vidant de sa substance et de ses forces vives.
Non, nous ne devons pas, nous ne pouvons pas laisser disparaître l’hôpital Paul Brousse !
Villejuif, le 28-01-2010













