Depuis le 20 novembre, suivant une directive de la F.I.F.A qui souhaite une réglementation plus stricte des transferts internationaux de mineurs, la Fédération Française de Football a décidé de suspendre l’attribution d’une première licence à des jeunes de nationalité étrangère qui ne peuvent se prévaloir de 5 années complètes de résidence en France. Mais la F.I.F.A parle là de transferts de joueurs professionnels ou appelés à l’être. Pas des autres, soit 99 % des amateurs du ballon rond. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, des centaines d’enfants et d’adolescents étrangers sont interdits de football en France alors que leur situation ou celle de leurs parents est parfaitement en règle au regard des nouvelles réglementations de la F.I.F.A. et de la loi.
En plus d’un justificatif d’identité, il leur est demandé de prouver qu’ils résident bien sur le territoire national depuis au moins cinq ans. Ainsi, la ligue de Paris Île-de-France vient de demander à un adolescent de seize ans une « justification d’activité professionnelle pour au moins l’un des parents, un permis de travail d’au moins un des parents, un justificatif officiel de résidence d’au moins un des parents, un justificatif d’identité et de nationalité des parents du joueur », enfin, « un justificatif du lien de filiation ».
Ces adaptations « franco-française » des objectifs de la F.I.F.A à travers ces mesures sont scandaleuses et indignes. Elles ne respectent en rien les droits de l’homme et le droit d’accès au sport pour toutes et tous.
Elles piétinent le rôle social et éducatif que le football a toujours joué dans notre pays quelque soit l’origine des individus.
Ce n’est pas de cette manière qu’on lutte efficacement contre la traite des jeunes footballeurs, il faut s’attaquer aux racines du mal et aux responsables qui pervertissent le football international plutôt qu’interdire aux enfants de jouer.
Malgré l’intervention de Ian Brossat, président du groupe Communiste et du Parti de Gauche de Paris, qui a fait voter un vœu au Conseil de Paris suivi d’un courrier à l’attention de la secrétaire d’Etat aux sports le 3 février 2010, la situation n’a pas évolué.
La secrétaire d’Etat aux sports, Rama Yade, lui a répondu par courrier qu’une étude approfondie sur ce dossier avait été prescrite à ses services. Depuis, nous n’avons toujours pas de suite et aucune réponse de la part de la Fédération Française de Football.
Nous demandons expressément au président de la Fédération Française de Football et à la Secrétaire d’Etat que soit mis fin à cette injustice, à cette discrimination scandaleuse qui touche de jeunes enfants dans notre pays. Nous attendons d’eux un autre dispositif, plus efficace et plus ambitieux pour s’attaquer aux responsables de la traite des mineurs dans le sport.
Nous appelons tous le mouvement sportif, le mouvement associatif et d’éducation populaire à se mobiliser pour mettre fin à cette situation et faire valoir le droit d’accès au sport pour toutes et tous.
Marie Georges Buffet, Secrétaire Nationale du PCF et Ancienne Ministre de la jeunesse et des sports
Paris, le 9 mars 2010.













