Vœu du Conseil municipal de Villejuif
relatif à l’hôpital Paul-Brousse et à l’AP-HP
L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), forte de son ancrage territorial, au plus proche des habitants, est mondialement reconnue comme un pôle performant et innovant. Elle effectue la moitié de la recherche médicale française.
Pourtant, l’AP-HP subit depuis de nombreuses années une politique d’asphyxie budgétaire et de suppressions de postes massives, au nom de plans de « retour à l’équilibre ». Inefficaces économiquement, ces plans ont néanmoins des conséquences immédiates : suppression de services, dégradation des conditions d’accueil et de soin des patients, notamment dans les services d’urgences, ainsi que des conditions de travail des personnels, entraînant des départs massifs.
Le nouveau « plan stratégique », annoncé en juillet 2009, conduirait à passer de 37 établissements à 13 « groupes hospitaliers ». Ces « regroupements » se solderaient par 5 000 suppressions de poste, dont de nombreux postes médicaux, d’ici 2014. Pourtant, le travail ne manque pas : les journées de repos que le personnel hospitalier n’a pas pu prendre, faute d’effectifs suffisants, représentent ainsi l’équivalent de 5 000 emplois !
Dans ce cadre, le regroupement de l’hôpital Paul-Brousse avec celui du Kremlin-Bicêtre et Antoine-Béclère, à Clamart, s’amorce. Aux 120 postes à supprimer en 2010 s’ajoutent 432 postes d’ici 2014, avec fermetures de services et transferts d’activités. A terme, c’est l’existence même de Paul-Brousse qui est menacée.
L’hôpital Paul-Brousse est renommé au plan européen. C’est là qu’ont été pratiquées la première greffe de moëlle osseuse en France, la première transplantation rénale et la première greffe hépatique, dans son centre hépato-biliaire, lui aussi renommé. Il dispose aussi de services réputés, notamment en addictologie, en gériatrie, en diabétologie, en soins palliatifs… Ces services répondent aux besoins des populations des communes du territoire ainsi que de patients venus de toute la France, comme l’atteste le chiffre de 70 000 consultations par an.
Ce « plan stratégique » ne correspond à aucun projet médical. Il n’a fait l’objet d’aucune concertation. Il vise, comme la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires), à réduire l’offre de soins publique, au profit du privé lucratif.
Le Conseil municipal de Villejuif, réuni le jeudi 15 avril 2010 :
apporte son soutien à la mobilisation des personnels hospitaliers pour la défense du service public de santé, garant de l’égalité d’accès et de la qualité des soins pour toute la population.
exige le maintien et le développement de l’offre de soins de l’hôpital Paul-Brousse, afin de répondre aux besoins des populations.
demande à ce qu’une concertation de grande ampleur s’engage avec l’ensemble des acteurs hospitaliers et les élus locaux.
dénonce la quasi-disparition des élus locaux et des représentants des personnels dans les instances de direction des hôpitaux, et la recentralisation des décisions entre les mains d’une Agence régionale de santé toute puissante.
s’associe à la demande de l’Association des maires du Val-de-Marne, inquiets de l’avenir des hôpitaux dans le 2e département hospitalier de France, d’être reçus dans les plus brefs délais par la ministre et le directeur de l’ARS, en y associant médecins, personnels et leurs représentants.














