Déclaration de Marie-Hélène Amiable, députée des Hauts-de-Seine et Maire de Bagneux, et Catherine Margaté, Maire de Malakoff et Conseillère générale des Hauts-de-Seine, prononcée au Conseil départemental de l’éducation nationale.
Rentrée scolaire 2011-2012 : inacceptable !
Depuis quelques mois, les organisations syndicales, les représentants de parents d’élèves et les élu-e-s tirent la sonnette d’alarme. « Mal être scolaire des enfants », souffrance au travail des enseignants, tous les signaux sont enclenchés et indiquent le véritable délaissement de l’Education Nationale.
A la rentrée 2012, le gouvernement veut encore supprimer 16 000 postes d’enseignants, portant à 65 520 les postes supprimés depuis le début du quinquennat, soit 8% des effectifs.
Vous avez, Monsieur l’Inspecteur d’Académie fait connaître vos intentions pour le département.
Dans le premier degré : 146 postes seraient supprimés alors que 71 devaient être rendus.
40 des 75 suppressions supplémentaires concernent le RASED, plus de 10%, dont 12 occupés ! Cette suppression des aides spécialisées est d’autant plus intolérable que les professionnels sont contraints, aujourd’hui, à n’intervenir que sur des situations d’urgence.
Malgré les discours, l’éducation prioritaire est attaquée et le soutien aux élèves les plus en difficulté va subir de nouveaux reculs. Elle totalise le plus de postes fermés et le moins d’ouvertures. On parle de lutte contre la délinquance, l’exclusion mais interdire de faire un travail efficace dans les secteurs qui en ont besoin, montre l’abandon de toute la mobilisation contre l’échec scolaire.
Et ce n’est pas le dispositif éCLAIR (Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) qui viendra répondre aux besoins sous ce nom pompeux. Réservé à quelques établissements, il déréglemente le recrutement des enseignants et n’assure pas l’égalité de traitement de tous les enfants sur notre département. Sans concertation et bilan de l’expérimentation, il est imposé dans 3 nouveaux collèges malgré leur refus comme à Barbusse Bagneux.
Dans le secondaire : 121 postes devaient être retirés, l’Académie en demandait 177. Après négociations, les organisations syndicales ont obtenu que ce chiffre soit ramené à 138.
Alors que les effectifs attendus sont en hausse, rien ne peut justifier ces prévisions. Des propositions qui vont amplifier les choix gouvernementaux auxquels nous nous opposons depuis 2007.
La rentrée s’annonce donc tendue !
▪ Augmentation du nombre d’élèves par classe avec la multiplication de classes à 30 élèves en élémentaire y compris en CP. En éducation prioritaire, ce sont des classes à 24-25 élèves, des décharges de direction supprimées comme à l’école Tour d’Auvergne à Colombes, La Plaine à Clamart….
▪ Régression de la scolarisation des tout-petits : 6,6% de 2 à 3 ans en 2010 pour une moyenne nationale de 18%, aucun chiffre pour 2011 et des déclarations sur sa suppression à terme.
▪ Sacrifice des Rased qui permettent pourtant de lutter efficacement contre l’échec scolaire, 6 à Malakoff-Vanves et à Asnières, 4 à Montrouge et à Colombes, 5 à Meudon-Chaville,
▪ Non-remplacement des enseignants : il est passé de 91,8% à 90 7% entre 2007 et 2009. Après avoir cassé la formation initiale des enseignants, on évoque maintenant le recours à des vacataires bon marché et non formés ; une embauche qui ne peut qu’accroître encore les inégalités.
▪ Baisse de la dotation horaire globale dans le second degré affectant l’accès aux différents enseignements, dotations qui ont été refusées par de nombreux Conseils d’Administratrion.
Parce que l’avenir de la jeunesse est en jeu, nous refusons cette entreprise de destruction du service public de l’éducation nationale. Notre pays a les moyens de répondre aux défis de l’école publique, gratuite et laïque de qualité et d’assurer la réussite de tous.
A l’occasion du Conseil départemental de l’éducation nationale du 7 avril, nous tenons à réaffirmer notre engagement dans la défense de l’Ecole et du statut des enseignants.
















