Dans une interview à l’Humanité du jour, Dominique Adenot, président de l’ANECR pointe la bêtise qu’il y a à déposséder les collectivités locales de leurs moyens au nom d’une règle d’or qui est une règle de fer.
L’Humanité : "A en croire le secrétaire général de l’UMP JF Copé, l’Etat montre l’exemple, quand les collectivités dépenseraient sans compter..."
Dominique Adenot : "Jean François Copé nous fait un mauvais procès, comme si les collectivités locales bâtissaient à tout-va et dépensaient sans contrôle !".
"Nous serions de mauvais élèves car nous n’avons pas comme l’Etat, supprimé des postes de fonctionnaires à tour de bras ? Or, les besoins des gens sont là, les investissements des collectivités territoriales sont des locomotives et extrêmement positifs. 73 % des investissements publics en France sont de leur fait. Si on les étouffe, si on étouffe la petite enfance, la santé, la culture et les loisir, alors on étouffe une bonne par de l’économie nationale. Parallèlement à cette austérité lancée comme une véritable campagne de culpabilisation de tous, on tente de dire aux Français qu’il ne faudrait pas investir dans des écoles, des hôpitaux. Si l’Etat passe d’un cran supplémentaire dans l’austérité, les collectivités vont se retrouver en grand danger".
L’Humanité : L’autre politique à l’oeuvre, c’est de vous laisser vous débrouiller entre vous...
Dominique Adenot : "On nous a annoncé trois ans de gel de la dotation globale de fonctionnement, qui représente la moitié en général du budget des communes, à charge pour les collectivités de trouver entre elles des éléments de justice afin de rééquilibrer les inégalités. Ce n’est pas possible, il n’est pas normal que l’Etat diminue ses contributions légitimes qu’il doit apporter dans le cadre du fonctionnement des services publics territoriaux. Cela donne des situation burlesques, où la Seine Saint Denis devient département contributeur en dépit de ses besoins immenses. La Taxe professionnelle qui a été supprimée représente un cadeau de 8 milliards d’euros aux entreprises. Ces huit milliards manquent à l’Etat aujourd’hui, voilà typiquement une mauvaise façon de peser sur la dette.
Nous proposons au contraire la mise en place d’un fonds pour le développement de l’emploi et d’un fonds de développement des services publics et du logement, pour inverser la logique actuelle où les investissements tireraient l’économie vers le haut et développeraient l’emploi durablement. Cela permettrait de régler concrètement une bonne part de la question de la dette publique, au lieu d’agiter le problème, comme le pouvoir s’y emploi, pour empêcher que ne s’impose dans l’opinion toute perspective de changement de politique."














