"Si la perte du triple A est pour le moment indolore, la dégradation de la note des entreprises publiques ou semi-publiques pourrait avoir des conséquences en chaînes" explique l’Humanité du 24 janvier 2012.
En effet, au-delà du financement de l’Etat, la lettre manquante aura entraîné dans la foulée, la dégradation des notes de plusieurs entreprises publiques ou semi-publiques par l’agence de notation : Réseau ferré de France, l’Unedic, l’AP-HP, EDF, Aéroports de Paris, la SNCF, la Caisse nationale des autoroutes et l’Agence française de développement. Pour la simple raison mécanique qu’aucun établissement doté de capitaux publics importants ne peut avoir une note supérieure à son Etat.
Les conséquences directes de la dégradation sont les mêmes que pour les Etats, en particulier un renchérissement du coût du crédit. Si les taux d’intéret, prenant en compte le nouveau risque de remboursement, augmentent, alors la capacité de crédit de ces entreprises devrait aller en diminuant.
Une menace qui semberait écartée pour le moment expliquent les entreprises, les taux directeurs de la BCE étant extrêments faibles, à 1 %. En ce sens, EDF a placé quelque 2 milliards d’euros d’obligation à dix ans à un taux quasi historique.
De son côté, RFF alerte, dans un communiqué, "cette évolution du contexte macroéconomique justifie toutefois une vigilance accrue sur le montant des recettes et des dépenses à venir". En claire, se profile la menace d’un gel, ou d’un ralentissement, des investissements et des programmes à venir. Avec à la clé, un manque d’activité pour les entreprises sous-traitantes. Il en va de même pour les fournisseurs qui pourraient voir les délais de paiement, déjà longs dans le secteur public, se rallonger de plusieurs.
"Si la dégradation dure et que les conditions de financement se resserrent, une hausse des prix pour combler les déficits de marge n’est pas écarte" conclut l’Humanité.














