Communiqué de presse de Roger David, Conseiller général du Canton de Montoir de Bretagne
Depuis mon élection au Conseil général j’aborde régulièrement la situation de l’industrie, de l’emploi, des statuts des salariés des entreprises petites et grandes.
L’emploi, sa défense, son développement, la vie des nombreuses activités qui sont des éléments moteurs du développement dans l’estuaire, comme le Grand Port Maritime, l’Aéronautique, la Construction Navale, la chimie, la pétrochimie, ou la mécanique, tous cela fait parti de mes préoccupations permanentes.
Les salariés de la Construction Navale et leurs organisations syndicales dont je suis solidaire, ne ménagent aucun effort pour contribuer à l’émergence d’une véritable politique industrielle porteuse d’avenir, d’emplois, de force de développement économique et social. L’instabilité de l’économie de marché a conduit l’Etat à s’assurer d’une prise de participation dans le capital des chantiers STX à hauteur de 33,34% ce qui lui assure une minorité de blocage. Pour leur part les chantiers coréens STX, ont construit leur participation en s’appuyant sur les marchés financiers, véritable stratégie « d’assèchement » si l’on n’y prend pas garde.
C’est pour cette raison que j’ai très vite souhaité lors de cette prise de contrôle mettre en débat l’idée d’une participation majoritaire de l’Etat pour envisager une réorientation de la stratégie industrielle afin d’une part de quitter le cercle vicieux du mono-produit paquebot et d’autre part de mettre sur pied une grande politique de la navale, allant de le conception jusqu’à la déconstruction des navires.
Je note avec intérêt et encouragement la récente prise de position de 4 anciens hauts responsables de la navale, dont un ex PDG, qui suggèrent entre autre « une marginalisation » de l’actionnaire majoritaire.
Dans le contexte actuel, le gouvernement devrait à mon avis s’interroger sur la nécessité d’une prise de contrôle dans le capital de STX France au-delà de 50 %.
Bien entendu une prise de contrôle majoritaire ne peut, à elle seule résoudre tous les problèmes. La France à besoin d’une industrie navale forte et indépendante, maitrisant la totalité des technologies, les processus financiers et industriels, en étant consciente de son apport social.
Au cours des dernières semaines nous avons assisté à la perte de deux commandes importantes par manque de volonté politique d’un pouvoir décadent et incapable. Incapable de réaliser le montage financier pour se voir confirmer la commande des deux paquebots pour la compagnie Viking, alors que techniquement l’accord était obtenu. Incapable, ou ne voulant pas faire réaliser 5 vraquiers pour la CMA-CGM qui les mettraient à disposition de l’armée française, sous prétexte que ce type de navires n’apporterait pas suffisamment de valeur ajouté, car trop simple à réaliser.
Les industriels de la filière maritime et de la construction navale (chantiers de construction et de réparation, mais aussi ingénieries marines équipementiers) ont décidés de s’organiser au niveau européen « Sea Europe ». Ils sont maintenant représentés à Bruxelles. Leur Président norvégien s’exprime ainsi :
« Notre industrie est un atout majeur pour l’Europe. Sa capacité de développer, de produire et de rendre service aux navires high-tech et autres équipements maritimes est un élément stratégique, non seulement du transport maritime du futur, compétitif et durable, mais aussi d’un très grand nombre d’activités connexes liées à l’industrie maritime et fluvial. Le monde entier dépend de plus en plus des ressources issues des océans, allant de la production d’énergie en passant par l’alimentation, l’exploitation minière et de manière plus générale des activités qui demandent de l’espace, alors que le littoral est encombré »
« L’importance des enjeux maritimes doit être mieux appréhendée au niveau de l’Union européenne, pour mieux faire comprendre à tous, y compris aux législateurs, l’importance stratégique du secteur maritime, il nous faut une voix forte à Bruxelles ».
Ce positionnement qui à mes yeux a du sens reste celui du patronat européen, donc uniquement tourné vers la recherche du profit maximum et immédiat.
Si la France et ses nouveaux responsables politiques veulent mener une politique de reconquête industrielle en se fixant comme but l’intérêt des salariés et des populations, ils doivent prendre les orientations qui conduiront la France à retrouver sa place dans les industries maritimes. La baisse constante du nombre de salariés directs de 5200 en 2001 à environ 2000 cette année à laquelle s’ajoutent une chute drastique des effectifs dans la sous-traitance, la disparition de milliers d’emplois intérimaires, le chômage partiel de très haut niveau.
Le chiffre d’affaires a dans la même période chuté de 1741 à 449 millions d’euros par an, soit quasiment quatre fois moins.
Les chantiers sont ainsi passés de la réalisation de 5 navires équivalents « paquebot » en 2000, à 2,5 en 2005 puis à 1,5 navire pour l’année 2010.
L’annonce par la nouvelle direction locale, d’une volonté de diversification de la construction de navires paraît bien illusoire lorsque l’on constate les effets des deux dernières pertes ou non prises de commandes.
Nous pouvons quand même nous poser des questions sur la volonté des décideurs financiers, politiques et industriels. Ces personnes, responsables de l’économie, de l’emploi font-elles ce qu’il faudrait faire pour assurer le plan de charge de nos chantiers ? Poser la question sous-entend la réponse.
La continuité territoriale avec la Corse, assuré par la SNCM nécessite rapidement la construction de 2 ferries et d’autre part GDF a quantifié le besoin de renouvellement de 50 méthaniers à l’horizon 2030. Les salariés de la navale, qu’ils soient ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs, possèdent les savoirs faires pour construire des paquebots, des ferries, des méthaniers, des pétrolières doubles coques, des vraquiers.
Leurs niveaux de qualification les autorisent à fabriquer demain des plateformes off shore, des navires spécifiques pour le montage et l’entretiens des champs éoliens. Les salariés des chantiers font ce qu’il faut pour participer au développement économique et social de leur région. En retour ils attendent une politique sociale reconnaissant leurs qualifications, leurs compétences et les protège par un statut unique sur le site.
Montoir de Bretagne le 29 juin 2012
Roger DAVID
Conseiller général de Loire-Atlantique














