Pierre Mathieu, vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne, en charge des transports, a réagi à la proposition de la direction de la SNCF de régler le problème de la dette de Réseau Ferré de France en mettant notamment les usagers des TER à contribution.
Il s’exprime dans l’Humanité du 25 septembre 2012.
"On parle d’ici d’une dette historique constituée principalement à l’époque du développement du réseau à grande vitesse par l’Etat.
Pour nous, élus communistes, c’est claire : c’est à l’Etat de reprendre cette dette, comme l’a fait l’Allemagne en son temps. Il n’incombe pas aux entreprises publiques du système ferroviaire de se substituer à ce qui doit être le rôle majeur d’une politique nationale de développement du ferroviaire.
Il serait assez inacceptable -si telles étaient les intentions- de faire peser le financement décidé par l’Etat du réseau à grande vitesse sur les contribuables régionaux, sur les territoires, les usagers qui n’ont pas bénéficié, eux, des investissements à la heuteur de ce qui était nécessaire.
Les quinze à vingt dernières années ont été bien marquées par un déséquilibre entre la politique d’investissement massif sur la grande vitesse et l’entretien complètement insuffisant du reste du réseau.
Au-delà il est nécessaire de revisiter une tarification sociale dans toutes les composantes du transport.
Ceux qui n’ont que le TGV, quels que soient leurs moyens, sont condamnées à subir le prix du marché".
Concernant le financement du système ferroviaire, Pierre Mathieu rappelle ses inquiétudes. "Pour l’instant je ne vois pas de cap nouveau concernant le financement des TER par rapport à ce que nous av ons connu ces dernières années.
Les dotations de l’Etat aux collectivités ont été gelées sous l’ère Sarkozy, et je n’ai rien vu qui annoncerait le dégel. C’est extrêment grave. Car, concernant les régions, ce sont les seuls moyens dont elles disposent pour faire tourner le service des TER. Beaucoup sont dans l’incapacité de financer les commandes de matériel ferroviaire nécessaire.
On attent donc du congrès dans le cadre du projet de loi de finance, pour desserrer l’étaut des dotations.
Sinon dès 2013, on court le risque d’une diminution de l’offre, alors qu’il y a une demande en hausse liée au pouvoir d’achat, au prix de l’essence".














