Les élus de Montataire (Oise) ont décidé de faire circuler une lettre ouverte au Président de la République, au 1er ministre et aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Pendant les 4 mois de rencontres publiques, de portes à portes et de réunions à domicile, ils mèneront le débat sur les moyens des collectivités locales insuffisants pour répondre aux besoins de la population.
L’an dernier la concertation publique avait débouché sur le vote d’un "budget de lutte" à hauteur de 11 millions d’euros pour s’engager dans un programme d’investissement conforme aux aspirations .
La lettre ouverte réaffirme l’urgence d’une véritable réforme des finances locales, et le rejet des politiques d’austérité.
"Monsieur le Président de la République
Monsieur le Premier Ministre
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale
Monsieur le Président du Sénat
Nous nous adressons à vous parce que nous n’en pouvons plus ! Les collectivités locales étouffent ; elles n’ont plus les moyens de répondre aux besoins des citoyens. C’est hélas notre cas également à Montataire. Notre ville, ouvrière et industrielle, a subi de nombreuses attaques ces dernières années :
Perte de recettes suite à la fermeture de deux unités de production chez ArcelorMittal,
Suppression de la taxe professionnelle, remplacée par des compensations qui n’évolueront pas,
Gel des dotations,
Pertes d’emplois (chez Goss : 1200 emplois en 1978 contre 323 aujourd’hui, fermeture malgré le projet de reprise de STILL SAXBY qui compte aujourd’hui 185 salariés et 60 intérimaires, chez ARCELORMITTAL : 1.241 salariés en 2004 contre 579 aujourd’hui).
Depuis de nombreuses années notre budget est ainsi contraint et nous ne pouvons développer les services indispensables à notre population malgré les besoins croissants.
Aussi, l’an dernier, nous avons construit un budget de lutte intégrant les aspirations de la population, exprimés lors de multiples réunions de quartier, qui nécessitent de nouvelles ressources.
Ce budget supplémentaire, adopté en conseil municipal, à hauteur de 11 010 450 euros a été transmis aux services de l’Etat : aucune réponse ne nous a été formulée !
Nous sommes convaincus que notre démarche est légitime parce qu’elle répond à de réels besoins, dans un territoire d’avenir parce que jeune et doté de nombreux atouts.
Une ville comme la nôtre doit être en mesure d’investir dans des projets utiles aux habitants. N’oubliez pas, Monsieur le Président, que 70% du chiffre d’affaires des entreprises est le fait des collectivités territoriales. L’investissement public a démontré depuis longtemps sa capacité à développer l’économie, la consommation et l’emploi.
NOUS NE NOUS RÉSIGNONS PAS ! Nous refusons le choix des politiques d’austérité qui accable toujours plus les citoyens ! Nous refusons la mise en place du pacte budgétaire européen et de nouvelles dispositions qui consisteraient à réduire encore les ressources des collectivités. D’autres solutions sont possibles qui permettraient de contracter des emprunts à faible taux !
Messieurs, vous ne pouvez rester insensible aux voix du peuple qui s’élèvent, partout dans le pays, contre les mesures génératrices de chômage et d’anti-croissance qu’elles contiennent ! Il est urgent, d’adopter au plan national une véritable réforme de la fiscalité locale allant dans le sens de plus d’équité entre les territoires et de plus de justice sociale ; Il faut nous donner de réels moyens financiers indispensables au maintien et au développement des services publics de proximité, sans augmenter la fiscalité locale.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur le Président du Sénat, en nos respectueuses salutations.














