"Alors que le nombre de pauvres dépasse aujourd’hui les 8 millions de personnes, la situation de l’emploi, aggravée par la multiplication de plans sociaux, laisse planer de fortes inquiétudes quant au chômage qui vient de dépasser le nombre de 3 millions de demandeurs dans notre pays.
Conséquence : à Allonnes, ville populaire de 11260 habitants, le nombre de chômeurs est passé de 842 en octobre 2010, à 927 en octobre 2011 pour franchir le seuil des 1008 demandeurs début octobre 2012, représentant 20,87% de la population active !
Que de souffrances, que de difficultés se cachent derrière ces chiffres froids et sinistres ! Pour de nombreuses familles, se tourner vers les associations caritatives qui distribuent une aide alimentaire devient le dernier recours face à la misère qui les submerge.
Or, l’aide alimentaire européenne est doublement menacée : par la baisse des crédits alloués pour le programme d’action contre la pauvreté 2014-2020 (360 millions à partager entre 27 Etats contre précédemment 500 millions pour 18 pays), et par la volonté de plusieurs pays, Allemagne en tête, d’en finir avec une solidarité européenne, la solidarité devant s’exprimer au niveau de chaque Etat membre.
La décision qui doit être pise le 23 novembre par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Européenne est d’importance.
18 millions d’européens sont concernés. L’Europe est confrontée à un choix stratégique décisif : ou alors, elle s’inscrit dans le dogme de la baisse de la dépense publique, et sacrifie des solidarités qui ont fait la preuve de leur efficacité sociale, ou alors, à un moment où elle vient d’obtenir le Prix Nobel de la Paix, elle met les moyens à la hauteur de l’objectif qu’elle s’est elle-même fixée, de réduire la pauvreté d’un quart d’ici 2020.
La solidarité ne peut pas être invoquée uniquement lorsqu’il s’agit de sauver le système financier et les banques !
Entre le choix des solidarités avec des hommes et des femmes victimes du capitalisme et de sa crise ou celui d’abandonner au bord de la route des millions de personnes dans le besoin, nous avons fait notre choix : celui des solidarités !
Comme l’an dernier, nous serons au côté de la Fédération française des banques alimentaires, du Secours populaire français, des Restos du cœur et de la Croix Rouge, pour exiger la reconduction de l’aide alimentaire et la revalorisation de son montant. Nous répondrons à toutes les invitations de ces organisations pour que l’action engagée permette de pérenniser les aides alimentaires à celles et ceux qui en ont le plus besoin".
Allonnes, le 16 octobre 2012
Gilles LEPROUST, Maire d’Allonnes, Conseiller général de la Sarthe, 1er Vice-président de Le Mans Métropole
Yves BERTHELIN, Conseiller délégué, Président du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste















