Les mesures du "plan banlieues" ont été précisées le 20 juin 2008 à Meaux lors d’un comité interministériel des villes et du développement social urbain, présidé par F. Fillon.
A cette occasion, les différents ministères ont détaillé leurs "engagements triennaux" en faveur du plan dévoilé le 8 février par Nicolas Sarkozy, mais dont le financement reste très en dessous des difficultés rencontrées dans les quartiers.
Concernant l’Emploi
Nicolas Sarkozy avait annoncé en février dernier, la création de « contrats d’autonomie » devant accompagner vers l’emploi « plus de 100 000 jeunes » en trois ans. Tout en revoyant l’objectif à la baisse, la secrétaire d’Etat à la ville confirme cette mesure phare destinée au moins de vingt-six ans. Fadela Amara annonce « 45 000 signatures » d’ici à 2010. « L’idée, explique-t-elle, c’est que le jeune soit coaché pour qu’il puisse être mis en situation d’emploi et ensuite suivi sur une période de six mois. » 250 millions d’euros y ont été débloqué. Pour la FSU, « ces mesures n’offrent aucune garantie de déboucher sur des emplois stables. »
Cinquante-trois entreprises se sont « engagées » à embaucher 40 000 jeunes des quartiers sensibles entre 2008 et 2010, dont près de 11 000 en 2008. Le gouvernement promet d’apporter une « aide technique et financière » à la création de « 10 000 entreprises » dans les quartiers sensibles en 2009. Puis « 20 000 » par an à partir de 2010…
Concernant les Transports
Jean-Louis Borloo, a promis 220 millions d’euros pour les trois projets de désenclavement déjà prévus en Île-de-France : le prolongement du tramway jusqu’au plateau Montfermeil Clichy-sous-Bois ; la réalisation de la « Tangentielle Nord » et la construction du tram-train Massy-Évry (Essonne). Pour JP Huchon, président du conseil régional Ile de France « cette somme n’est que le rattrapage d’une participation sous-évaluée de l’État aux grands chantiers d’infrastructure inscrits au contrat de projet État-région 2007-2013 ».
Concernant l’éducation
Deux cents millions d’euros vont être alloués au volet éducation. 4000 places « d’internats d’excellence » vont être créées dans chaque académie (en 5 ans) ; accès pour les 5 % de lycéens « les plus méritants » aux classes préparatoires ; création de « 30 pôles d’excellence éducative ». Après avoir supprimé la carte scolaire, le gouvernement entend expérimenter, pendant trois ans, le « busing », transport de bus censé permettre aux élèves de 50 quartiers défavorisés d’accéder à d’autres établissements. D’autres propositions sont faites par le gouvernement : réduction du décrochage scolaire pour les élèves de plus de 16 ans, notamment en filière professionnelle ; renforcement de l’accompagnement éducatif, 2 heures par jour dans les écoles élémentaires, mais aussi un soutien plus personnalisé pour les lycéens ; intégration d’une classe-relais par lycée de la Défense
Concernant la Sécurité
4 000 policiers supplémentaires, au sein de 200 unités territoriales de quartier (UTEQ) vont être déployer dans les quartiers sensibles. La nouveauté : la création de « délégués du préfet », des « délégués de cohésion entre la population et la police » recrutés parmi les réservistes de la police. Coût : 2 millions d’euros. Mais aussi, le développement de la vidéosurveillance pour atteindre 60 000 équipements ; fidélisation des effectifs de la Police nationale dans les banlieues (aide au logement, crèches, emploi contractuel des conjoints dans des postes administratifs, etc.) ; renforcement du dispositif du « permis à un euro par jour » en direction des jeunes des quartiers, en lien avec la Caisse des Dépôts et Consignations.
Concernant la Famille, Santé, Jeunesse
Expérimentation de gardes d’enfants adaptées aux besoins des familles des quartiers populaires (par exemple, accession à une formation et à des emplois pérennes dans le champ de la garde d’enfants) ; création de 10 maisons de santé pluri-professionnelles par an dans les 215 quartiers du Plan Espoir Banlieues.
Concernant les sports et vie associative
Doublement du taux de subventions des équipements sportifs situés dans les quartiers populaires de 7,5 à 15%.
Concernant le logement
Signature avec chaque bailleur social présent dans les quartiers d’une convention d’utilité sociale comprenant des engagements en termes de qualité et de services aux habitants ; création d’une procédure d’alerte pour anticiper l’apparition de difficultés irrémédiables dans les copropriétés.
Enfin sera mis en place, avec l’Onzus, d’outils territorialisés d’évaluation de la réduction des écarts structurels entre les quartiers de la politique de la ville et le reste du territoire

















