Sur le blog dialogue clichois - Loin des projecteurs, tout ce petit monde s’entend comme larrons en foire pour porter un coup fatal à la démocratie locale, en travaillant de façon consensuelle dans la Commission Balladur pour la réorganisation du territoire.
Les marchés financiers, les multinationales capitalistes et l’Union Européenne à leur service s’accommodent mal de l’exception française : l’existence de dizaines de milliers de communes, de plus de quatre vingt quinze départements et de vingt deux régions à taille humaine.
Ces collectivités ont en France des pouvoirs réels de décisions, sont des lieux potentiels de démocratie de proximité et d’intervention populaire. Les élus communistes y sont très actifs au côté de la population. Mais, à l’heure où les forces du capital veulent remodeler en Europe les institutions pour lever toute entrave à la domination des marchés financiers, ces collectivités sont aussi, du fait de leur proximité au terrain, des obstacles à la casse des services publics. Leur existence rend problématique l’assujettissement des territoires à la logique financière. La commission Balladur s’emploie à dégager le terrain pour le MEDEF et les puissances d’argent.
Tenter de faire prévaloir, dans les choix de gestion, les attentes de la population, comme cherchent à le faire les élus locaux de gauche et plus particulièrement les élus communistes, voilà qui est inadmissible aux yeux de ceux qui veulent que les décisions et l’organisation des territoires répondent aux seuls intérêts de la finance. Leur rêve c’est une Europe où la concurrence ferait rage entre les territoires, les régions et entre les hommes eux-mêmes, afin de lever tout obstacle à l’exploitation capitaliste la plus féroce.
Le projet de ces forces rétrogrades ? Changer l’organisation territoriale, vider les institutions de proximité de tout pouvoirs réels afin que les décisions soient prises toujours plus haut, toujours plus loin des citoyens. Toutes les décisions stratégiques seraient confiées à des état-majors branchés sur les attentes du MEDEF, loin du terrain, au niveau de super-régions, de l’Etat et de l’Europe libérale, hors de portées de l’intervention populaire et même hors d’atteinte du suffrage universel.
Dans l’ombre, Sarkozy a demandé à Balladur, un premier ministre qui n’a laissé que de mauvais souvenir, de travailler à des propositions afin de proposer un big-bang de l’organisation territoriale. Celui ci travaille main dans la main avec les socialistes Pierre Mauroy et André Vallini. Balladur peut d’ailleurs s’appuyer sur les travaux de la commission précédente qui planchait sous la direction de P. Mauroy sur la refonte de l’action publique locale et qui aboutissait à des propositions antidémocratiques très semblables. Les Régions fusionneraient pour se réduire à une quinzaine conformément au choix de la mise en concurrence des régions qui est celui de l’Union Européennes et du traité de Lisbonne. Les départements disparaitraient ou fusionneraient ainsi que des milliers de communes qui seraient supplantées par des structures supracommunales. Les communes seraient ainsi vidées de leur pouvoir et deviendraient des sortes d’arrondissement, des sous-mairies, comme à Paris, Lyon et Marseille. Les citoyens locaux n’auraient leur mot à dire sur le devenir de leur ville : les décisions d’aménagements importantes leur échapperaient pour être de ressort de structures technocratiques gérées dans le consensus. Mais comment les villes de Clichy ou Saint-Ouen pourraient-elles partager la même vision de l’Ile de France que Neuilly ou Levallois qui sont livrées aux promoteurs et refusent d’accueillir les couches populaires ?
Le bricolage institutionnel de la commission Balladur va suffisamment loin pour inquiéter les associations des maires (AMF), des départements (ADF), des Régions (ARF). Le processus de décentralisation s’inverserait pour devenir une nouvelle centralisation en faveur des marchés financiers. Pour le couple département-région, l’élection de « conseillers territoriaux » qui siègeraient dans les deux assemblées pour y délibérer des politiques bien distinctes est envisagé. Cela ira-t-il jusqu’à la suppression des élections prévues en 2010 ? Les élus des régions et des départements seraient alors renouvelés en même temps en 2011, date des cantonales.
En Ile de France, les choses sont encore plus claires : Sarkozy a nommé un secrétaire d’Etat, Christian Blanc, chargé d’imposer, à la hussarde, un Grand Paris technocratique à la botte des marchés financiers. Ce serait un coup fatal porté à la libre administration des communes d’Ile de France, déjà malmenées par les transferts de charges non compensés par l’Etat et des ressources financières bien insuffisantes pour répondre aux besoins populaires.
Le consensus droite-PS est en route pour porter un nouveau coup à la démocratie locale en France, au processus de décentralisation lui même. Au final, ne seraient "décentralisés" que les transferts de charge pour faire payer les contribuables, les milieux populaires dans un contexte où l’Etat continuerait à se désengager du financement de la solidarité nationale et des services et équipements publics pour diriger ses interventions en faveur du MEDEF, en faveur des banques sans la moindre contrepartie.
Les communistes clichois et leurs élus condamnent ce coup de force contre la démocratie locale qui se trame dans l’ombre, et seront mobilisés pour défendre l’existence des communes, les ouvrir à l’intervention citoyenne et leur donner les moyens de développer les coopérations souples dont elles ont besoin.
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