
Déclaration de Jacques Perreux, Vice-président du Conseil Général du Val-de-Marne
Le contrat de concession que le SEDIF a avec Veolia pour la distribution de l’eau dans les 144 communes qui composent ce syndicat, va arriver a expiration en 2010 ; c’est donc un enjeu qui est au cœur des prochaines élections municipales. C’est une question de démocratie et de transparence que chaque candidat dise s’il se prononce ou pas pour le renouvellement de ce contrat de concession. De ce point de vu c’est encourageant qu’un certain nombre de Maires s’interrogent publiquement et parfois même prennent position clairement pour un retour en gestion directe.
Toutes les études et enquêtes et dernièrement encore celle de « Que choisir » –au delà de certains éléments controversés- témoignent que le prix de l’eau est nettement moins élevé en gestion publique qu’en gestion déléguée : 20, 30 et parfois même 40% de différence.
J’ai en mémoire cette remarque faite par la Cour des Comptes dans l’un de ses nombreux rapports publics diffusés sur ce sujet : « les collectivités n’ont pas toujours une connaissance suffisante des services dont elles conservent la responsabilité », ajoutant « qu’elles finissent par ne plus être en mesure d’éviter certaines dérives et notamment la progression injustifiée de certaines charges ».
De plus, d’autres arguments poussent à préférer la gestion publique :
une raison éthique. Comment admettre que sur un don de la nature, bien commun qui appartient à tous les êtres vivants de l’humanité, et donc à personne en particulier, certains puissent réaliser des profits fabuleux ?
un principe de précaution. L’eau est vitale. Sa fragilité et sa dégradation nous obligent à en prendre soin pour aujourd’hui et pour les générations futures. Il faut donc que tous les acteurs de l’eau n’aient pas d’autres intérêts et objectifs que de la protéger. Ce n’est pas faire injure aux actionnaires de penser que là n’est pas leur préoccupation première.
un principe de solidarité. Il y à tant de peuples dans le monde qui se battent –parfois durement- pour empêcher la privatisation de leur eau par les multinationales françaises que si nous voulons être solidaires de leur combat il nous faut donc ici, ne pas donner le contre exemple en leur confiant, chez nous, cette gestion de l’eau.
Et puis, je veux dire que mon expérience de Vice-Président d’un Conseil général, qui a fait le choix politique d’un service public pour l’assainissement, prouve que c’est cette gestion là qui permet le mieux l’éducation à l’eau, la prévention, la citoyenneté et les expérimentations innovantes.













