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Rapport commission des finances du Sénat
Suppression de la taxe professionnelle : rapport de Jean Arthuis
lundi 27 juillet 2009
/ ocastex
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La quasi suppression de la taxe professionnelle et la modernisation de l’organisation territoriale seront soumises à l’examen du Parlement au cours de l’automne 2009.
Dans cette perspective, la commission des finances, présidée par M. Jean Arthuis (UC-Mayenne), a ouvert une réflexion préparatoire, appuyée sur un nombre volontairement limité d’auditions et sur le concours des sénateurs membres du groupe de travail sur la réforme de la taxe professionnelle placé auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi.
Selon le rapport "la taxe professionnelle est à juste raison dénoncée comme un impôt anti-économique dont la réforme annoncée vise à supprimer la part la plus contestable de l’assiette. Cette réforme n’a de sens que si elle se traduit par un gain net pour les entreprises, et elle ne doit pas aboutir à reprendre l’avantage consenti par la création d’une nouvelle imposition dont les inconvénients seraient mal mesurés".
Pour que la réforme de la taxe professionnelle soit effectivement profitable à la compétitivité des entreprises et à l’attractivité du territoire, pour Jean Arthuis, la réussite de la réforme nécessite la réalisation de plusieurs conditions :
La réforme ne doit pas pénaliser ou avantager à l’excès un secteur de l’activité économique. On relèvera à cet égard que le dernier scénario proposé par le gouvernement ne serait susceptible de provoquer une augmentation de pression fiscale que pour 30 000 entreprises sur un effectif total de 2,9 millions. En outre, tous les secteurs d’activité (commerce, services, industrie) seraient gagnants, même si le bénéfice le plus important ira à l’industrie, secteur le plus exposé à la concurrence internationale.
La seconde condition est que la réforme s’accompagne de la révision des valeurs locatives cadastrales servant de base à la part foncière de la taxe professionnelle et qui n’ont pas été révisées depuis le 1er janvier 1970, sachant que cette opération pourrait s’effectuer indépendamment de la révision des valeurs des immeubles d’habitation.
La réforme de l’imposition locale des entreprises doit être l’occasion de renforcer la responsabilisation des collectivités territoriales, par la suppression des dégrèvements, qui ont fait de l’Etat le premier contribuable de fait de la fiscalité locale, et le retour à des règles plus strictes de liaison des taux entre l’imposition des entreprises et celle des ménages.
Le choix des nouvelles recettes de compensation pour les collectivités territoriales, privées du produit de la taxe professionnelle, devra composer avec des exigences parfois contradictoires :
La première est le maintien d’un lien entre l’imposition de
l’entreprise et le territoire. Il n’est pas contestable, en effet, que les entreprises sont sources de coûts directs et indirects pour les collectivités territoriales, lieux de leur implantation. L’imposition locale doit permettre de répercuter ces coûts induits et elle apparaît donc économiquement légitime.
Elle est également indispensable politiquement pour justifier et faciliter l’installation d’activités porteuses de nuisances et constitue, à ce titre, une incitation à l’accueil des entreprises.
La seconde contrainte est liée à l’application du principe de
l’autonomie financière défini au troisième alinéa de l’article 72-2 de la Constitution qui accroît les difficultés pour une réforme fiscale de grande ampleur.
Pour le rapporteur, "la réforme de la taxe professionnelle ne doit pas aboutir, par le jeu de nouvelles garanties qui persisteraient au-delà d’une courte période d’adaptation aux nouvelles règles du jeu, à geler des situations acquises en confortant les blocages du système actuel des finances locales. C’est tout l’enjeu de la nouvelle péréquation à mettre en place."