Lettre-pétition
| Non à la réforme des collectivités, non à la « recentralisation » ! Oui à un véritable débat national sur l’avenir des collectivités ! |
Dans le Mantois, des élus contestent la réforme des collectivités territoriales, refusent la « recentralisation » et appellent l’ensemble des élus, de toute tendance politique, à signer cet appel.
Avec la réforme des collectivités, c’est la fin de la démocratie locale. La fin progressive des communes. Cette réforme remet en cause la décentralisation et le principe républicain de la libre administration des collectivités territoriales.
Ce qui est en jeu, c’est rien de moins que le service public de proximité, des centaines de milliers d’emplois, la capacité d’investissement des collectivités qui réalisent aujourd’hui 75 % des équipements civils, et la démocratie locale, fondement de nos institutions républicaines.
En effet tous les grands choix de réorganisation des collectivités : création de grandes métropoles, intégration des départements dans les régions ou disparition de ceux-ci au sein de métropoles, diminution drastique du nombre d’élus, intégration forcée des communes dans des intercommunalités, tout cela pourra être imposé par l’État. C’est la disparition des communes qui est programmée…
Après la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement veut, ni plus ni moins, museler les élus locaux et leur imposer sa politique, rien que sa politique, mais toute sa politique. Son objectif est également économique.
Pour les élus que nous sommes, cette réforme constitue une « recentralisation » et donc un considérable retour en arrière inacceptable.
Cette réforme contraindrait les communes à rejoindre une intercommunalité et à lui transférer des compétences. C’est la suppression des coopérations volontaires.
Cette réforme n’est pas de nature, bien au contraire, à répondre aux attentes sociales du pays ni à résorber les déficits publics. Elle ne peut que contribuer à enfoncer davantage encore notre pays dans la crise, qu’elle soit économique, sociale ou climatique.
Nous ne sommes pas pour l’immobilisme.
La crise de nos institutions appelle au contraire des réformes, mais des réformes progressistes fondées sur le développement des services publics, l’épanouissement de la démocratie locale, la garantie de l’autonomie financière des collectivités locales et le rétablissement de l’égalité républicaine à tous les niveaux.
Ce qu’il faut d’abord changer, ce sont les relations que l’État, le gouvernement entretiennent avec les collectivités locales. Ces dernières années, l’État s’est délesté de pans entiers de responsabilités sans contrepartie financière.
Au contraire du désengagement de l’État à l’égard des collectivités, ce qu’il faut, c’est plus de moyens, plus de démocratie. Le rôle de l’État dans le financement des politiques publiques doit être garanti.
Nous sommes pour la libre administration des communes et pour que celles-ci conservent la liberté d’adhérer ou non à telle ou telle intercommunalité ou regroupement de communes. Les choix et la volonté des élus locaux et des populations ne peuvent être bafoués.
Pour toutes ces raisons, les signataires demandent au gouvernement d’abandonner son projet de réforme des collectivités et demandent qu’un véritable débat national ait lieu sur l’avenir des collectivités.
André Sylvestre, Maire de Magnanville et Conseiller général du Canton de Mantes-la-Ville,
Monique Brochot, Maire de Mantes-la-Ville,
Françoise Descamps-Crosnier, Maire de Rosny-sur-Seine et Conseillère régionale,
Eric Roulot, Maire de Limay,
Jacques Saint-Amaux, Conseiller général du Canton de Limay,
Pierre Blévin, Maire de Mézières-sur-Seine et Conseiller général du Canton de Guerville,
Guillaume Quévarec, Président du groupe Socialiste et Citoyen, Conseiller municipal de Mantes-la-Jolie,
Marc Jammet, Président du Groupe Communiste, Conseiller municipal de Mantes-la-Jolie,
Joël Mario-Jouls, Président du Groupe DECIL de Mantes-la-Jolie.














