Déclaration de Francis WURTZ, Président du groupe GUE/NGL
"Le semestre écoulé aura été marqué par une série de décisions du Conseil que Monsieur Jansa n’a pas citées. Or elles sont de celles qui marquent les esprits et structurent l’image des institutions européennes auprès des citoyens. J’en citerai trois, rien que de ce mois-ci. Je précise que je n’incrimine pas la présidence slovène, mais tous les Etats qui ont permis, dans chaque cas, d’atteindre la majorité requise.
Premier exemple : l’accord du 9 juin sur le projet de directive sur le temps de travail. Le Conseil a là plus que déçu, littéralement provoqué, tout le mouvement syndical : refus de remettre en cause la dérogation permettant de porter la durée maximale à 65 heures par semaine, voire au-delà ; annualisation sans condition du calcul des heures travaillées ; introduction de la notion de "périodes de garde inactive" qui pourront ne plus être comptabilisées comme du temps du travail... Vive l’Europe sociale !
Deuxième exemple : "la directive de la honte" sur l’harmonisation des conditions d’expulsion des migrants en situation irrégulière. Ce texte a été condamné non seulement par la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, par Amnesty international, par la Fédération internationale des droits de l’homme, par la Confédération européenne des syndicats, par la Commission des épiscopats de la Communauté européenne, par les jeunes démocraties d’Amérique latine, mais par des personnalités aussi peu suspectes de sévérité excessive envers l’Union que Jacques Delors. Bonjour l’Europe de la dignité humaine ! Et cela vaut pour toutes les institutions européennes, parlement compris.
Troisième exemple : le lancement, le 16 juin, de négociations officielles avec Israël pour renforcer substantiellement les relations entre l’Union européenne et ce pays. Et ce après un an de tractations secrètes. Je rappelle qu’une délégation représentative de tous les groupes de ce Parlement avait déclaré à l’unanimité, le 2 juin, à Jérusalem-Est : "We strongly feel that, without serious signs of good faith, translated into tangible improvements on the ground, the time is not yet right to upgrade EU-Israel relations". Bonne chance à la crédibilité de l’Europe au Moyen Orient et en Méditerranée !
C’est dans ce contexte que s’est réuni un Conseil européen qui vient - cerise sur le gâteau - de reporter de quatre mois l’examen d’éventuelles mesures face à la hausse du prix du pétrole qui prend à la gorge des dizaines de millions de simples gens.
Ah, j’oubliais : "le Conseil européen est convenu qu’il fallait davantage de temps pour analyser la situation" et comprendre les raisons du désenchantement de nos concitoyens... Si j’ai bien entendu le Président du Conseil, la "communication" fera le reste pour convaincre les gens que "tout va bien". Bon courage !"














