Marie-Hélène AMIABLE, Députée des Hauts de Seine
Conférence de presse de l’ANECR 1er septembre 2011
Rentrée scolaire 2011
Semaine d’action des élu-e-s communistes et républicains
Bonjour à toutes et tous,
Je vous remercie pour votre présence à cette conférence de presse qui a été organisée par l’Association nationale des élu-e-s communistes et républicains et notamment Cathy Apourceau-Poly, responsable de son collectif éducation et conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais.
J’interviendrai brièvement au nom des député-e-s communistes et républicains, suivie de ma collègue sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin, puis nous laisserons la parole à Cathy pour présenter la semaine d’actions que les élu-e-s communistes et républicains tiendront dans toute la France, aux portes des écoles, du 5 au 11 septembre prochain. Henriette Zoughebi, vice-présidente du Conseil régional d’Île-de-France, chargée des lycées, nous rejoindra pour conclure.
Je ne doute pas que cette semaine d’initiatives rencontrera un fort écho auprès de la communauté éducative, des parents et des enseignant-e-s...Vous savez qu’une récente enquête a révélé que les Françaises et les Français placent pour la première fois l’éducation au premier rang de leurs priorités en matière d’action publique (en hausse de 17 points par rapport à l’année dernière).
Mais comment expliquer que l’école est devenue une préoccupation plus importante que l’emploi et la lutte contre le chômage, alors même que le nombre de personnes n’ayant aucune activité a retrouvé le niveau le plus élevé enregistré depuis février 2000 (2,75 millions soit 4,1 millions de chômeurs au total) et que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a explosé d’après les chiffres révélés par l’INSEE mardi (8,2 millions en 2009, soit 13,5% de la population) ?
Dans ce contexte de crises et d’incertitudes, je pense que cette tendance s’explique par le fait que les Françaises et les Français veulent s’assurer que leurs enfants seront mieux armés qu’eux pour accéder à l’emploi et vivre dignement. Mais je crois aussi qu’ils commencent à ressentir tout le mal que Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont fait à l’éducation nationale et au modèle qu’était notre système éducatif.
Plus d’élèves, moins de profs. Voilà ce qui résume à nouveau cette rentrée scolaire qui sera sans doute agitée -malgré la séance d’autosatisfaction que le ministre de l’Éducation nationale aura sans doute livré ce matin- vu l’ambiance qui régnait dans les comités départementaux de l’éducation nationale au printemps et les chiffres, qui parlent d’eux-mêmes :
8 300 élèves en plus et 8 967 enseignant-e-s en moins dans le primaire ;
79 536 élèves en plus pour 4 800 enseignant-e-s en moins dans le secondaire.
Soit 16 120 suppressions de postes supplémentaires en cette rentrée, ce qui porte, pour mémoire, à 65 520 le nombre de suppressions de postes programmées par les budgets successifs depuis 2007 dans l’Éducation nationale.
Cette politique du non-remplacement d’un enseignant-e partant à la retraite sur deux entraîne inévitablement l’augmentation du nombre d’élèves par classe ou des conséquences sur la carte scolaire avec 1500 fermetures de classes cette année dans le 1er degré, les sur-effectifs et la dégradation des conditions de travail dans le 2nd degré, la diminution des aides aux élèves en difficultés ou des interventions extérieures...
Cette politique, critiquée par 82% de la population, n’a non seulement pas fait la preuve de son efficacité mais elle est aussi la cause probable de l’augmentation des inégalités des élèves devant la réussite scolaire et le fait que les écarts se creusent dans notre pays entre les meilleurs élèves et les plus en difficulté, comme l’ont démontré de nombreux rapports nationaux et internationaux.
Et c’est dans ce contexte que je viens d’apprendre que l’éducation subira aussi des répercussions dans le collectif budgétaire qui sera examiné le 6 septembre prochain à l’Assemblée nationale : 10 millions d’annulation de crédits pour l’enseignement scolaire et environ 50 millions pour l’enseignement supérieur et la recherche !
Chaque année, avec les député-e-s communistes et républicains, je m’oppose à ces budgets en régression. En cette rentrée et vu la situation critique et historique qui est celle de l’école, nous avons décidé de monter d’un cran notre offensive : à mon initiative, nous avons donc pris la décision de demander la constitution d’une commission d’enquête sur l’état de l’école et sur les conséquences de 5 ans de présidence Sarkozy.
Nous déposerons cette proposition de résolution prochainement, en forme de réponse à l’interpellation que le collectif « l’Éducation est notre avenir » s’apprêtent à adresser, le 12 septembre, à l’ensemble des parlementaires, pour leur demander d’influer sur le cours de la politique éducative menée par le gouvernement, et en écho à l’appel à la grève lancé par des syndicats de l’éducation pour le 27 septembre prochain.
Et il faudra sans doute se pencher de plus près sur l’augmentation du coût de la rentrée scolaire (3,1% d’après la Confédération syndicale des familles, 6,8% d’après Familles de France) qui progressent dans des proportions insupportables jusqu’aux bancs de la fac ! J’avoue que la proposition d’une fondation, Terra Nova, de faire encore plus participer les étudiants aux frais d’inscription à l’université me laisse vraiment perplexe...
Je veux conclure avec un mot sur l’actualité pour dire que les gesticulations de nos 80 collègues de l’UMP à propos de l’évocation de l’identité de genre dans les manuels de SVT ou les sorties du ministre de l’Éducation nationale sur le rétablissement des leçons de morale sont bien à l’image de l’attitude de la droite vis-à-vis de l’école : complètement déconnectée de ses réalités et des difficultés que rencontrent les élèves et les personnels.
Aussi, je vais laisser la parole à Brigitte Gonthier-Maurin qui va démontrer que derrière ces polémiques se cache un véritable projet de société que les communistes entendent combattre avec des alternatives pour la transformation de l’école, au premier rang desquelles une formation des enseignant-e-s rénovée. Je me félicite à cet égard d’avoir pu bloquer avant l’été l’adoption du rapport Grosperrin et son incroyable proposition de supprimer le concours d’enseignant-e-s.
Je vous remercie.
















