Le Tibet fait depuis plusieurs semaines la une de l’actualité, mais il n’est pas sûr que la mobilisation médiatique fasse réellement avancer la cause mise en avant - la défense des droits de l’homme. La répression chinoise contre les autonomistes (dont fait partie le Dalaï Lama) ou indépendantistes tibétains est inacceptable, de même que la négation flagrante de leur droit à une langue, à une culture. Encore faudrait-il aussi mentionner les difficultés sociales, le taux de chômage élevé qui y règnent pour mieux expliquer et mieux comprendre la raison des émeutes qui se sont produites sur place début mars.
La Chine bafoue les droits de l’homme, mais pas seulement au Tibet. Les Ouïgours, musulmans, en subissent eux aussi les frais. De même que les paysans et plus généralement les salariés dont les droits sont réduits à portion congrue. Enfin, les opposants au régime, notamment des journalistes, des intellectuels, ont vite fait de se retrouver en prison. De tous ceux-ci, on ne parle aucunement dans la fièvre actuelle.
Alors pourquoi le Tibet ? La figure du Dalaï Lama, prix Nobel de la Paix, y est pour beaucoup, encore qu’on lui prête des velléités indépendantistes qu’il n’a pas, pas plus qu’il ne souhaite remettre en cause la tenue des JO à Pékin. On peut toutefois penser qu’il est assez facile de vilipender la Chine, super-puissance émergeante, et de lui donner des leçons, plutôt que d’essayer de faire avancer les choses par le dialogue, même ferme.
Je regrette personnellement que le déchaînement médiatico-politique du moment n’ait pas lieu dans d’autres cas où l’indépendance d’un peuple est complètement bafouée, où les droits élémentaires sont niés. Je pense à la Tchétchénie, au peuple irakien, et bien sûr à la Palestine. Là-bas, les colonies ne cessent de gagner du terrain, des civils dont de nombreux bébés et enfants sont massacrés, des terres sont pillées et saccagées. Mais le silence y est assourdissant. Pas de Reporters sans frontières, pas de Rama Yade ni de Carla Bruni.
Alors défendons les droits de l’homme partout dans le monde, ne laissons nulle part bafouer le droit international. Cela passe par une toute autre politique internationale, fondée sur les coopérations, le développement et le désarmement.














